Danser au bord de l'abîme, de Grégoire Delacourt

Ce premier extrait pourrait être mon épitaphe, résumant au plus près ce que fut, ce qu'est encore ma vie... Comme un miroir offert au cours de la lecture de ce livre magnifique que je vous recommande... La beauté de la langue qui dit plus qu'elle ne raconte... au cœur même de ce désir, ce désir qui nous pousse en avant, vers la vie, encore et toujours ; ce désir qui nous révèle à nous-mêmes, nous les femmes, plus vivantes que l'on voudrait nous le faire croire, ce désir à fleur de peau que, parfois, un être aimé, à nos côtés, nous révèle. Lisez, jouissez, dansez, mesdames... avant de lâcher prise, comme Blanquette, la chèvre de monsieur Seguin...

Fran Nuda

 

Poussière d'étoile, Photographie de Ludovic Florent

 

 

Page 275, édition Lattès, et épitaphe possible

" Je dirai que j'ai connu la joie immense d'être passée, celle d'avoir dansé sur la Terre, celle d'avoir été en vie, d'avoir vu la lueur des étoiles, celle d'avoir goûté à la pluie, aux frissons, à quelques vertiges, d'avoir été heureuse, totalement, inconsidérément, et ce, malgré les foudres mauvaises, les sillages éphémères, les trahisons, les crépis d'ombre et tout ce qui, un jour, nous abandonne et nous isole - oui, malgré tout cela, je dirai encore que le plus beau reste à venir. " 

 

Page 234, un extrait que je dédie plus particulièrement à ma fille Mako

" La vie est la courte distance entre deux vides. On gesticule pour mieux la remplir. On traîne pour l'étirer. On voudrait qu'elle s'éternise. On s'invente même des doubles vies. On respire et on ment. On regarde sans voir. on veut profiter de tout et tout glisse entre les doigts. On aime et c'est déjà fini. On croit au futur et le passé est déjà là. On est si vite oublié. on ne veut pas perdre, et lorsque vient la fin, on refuse de baisser les paupières. On refuse la poignée de terre sur notre peau glacée. il faut pourtant savoir lâcher prise.

Souvenons-nous de Blanquette. Souvenons-nous d'elle.

" Une lueur pâle parut dans l'horizon. le chant du coq enroué monta dans la métairie. enfin, dit-elle, elle qui n'attendait plus que le jour pour mourir."

 Enfin.

Il faut apprendre à se jeter dans le vide. "

 

Enfin, ce qui pourrait être une citation : 

"L'instant est la seule certitude possible et que c'est en lui que nous devons nous accomplir."

" La vie avant la mort. Cette minuscule trajectoire miraculeuse."

" le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide. C'est là que nous devons tous vivre."


"Les mots qu'on ne dit pas sont ceux qui font le plus de mal."

Comment ne pas penser au haïku lorsqu'il dit : " Atteindre ces silences qui parlent. "

Commentaires

  1. Merci Fran de nous présenter ces extraits.

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    1. merci à toi pour ta fidélité sur ce blog

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    2. Un grand merci pour nous livrer ces extraits! Blanquette un grand traumatisme de mon enfance, je ne l'ai d'ailleurs jamais lu à mes enfants, livre banni de la maison . A tord ou à raison, toujours est-il qu'il était incompatible à mon âme sensible !!!

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    3. je comprends... on a sans doute toutes , en tous cas, toi et moi, c'est sûr un peu de la chèvre de monsieur Seguin... l'herbe est si verte dans les hauteurs et sans attache, pour courir, s'enivrer de l'air pur... enfin, bref, je te comprends... même si de toute façon il nous faudra mourir un jour... aussi...

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  2. ...si belle photographie !
    Oui, "l'instant est la seule certitude possible"...mais ça, il faut avancer en âge pour bien en être conscient !
    Merci Fran pour ce très beau partage. (((*_*))) Soiz

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