Féminiser le monde, Leleu

Cet extrait  du livre La Mâle Peur du docteur Gérard Leleu, dont l'édition première date de 1984 aborde ce qui doit advenir dans les années voire les siècles à venir si nous voulons sauver ce monde en donnant place enfin à l'amour, en commençant par celui qui ne devrait être qu'une harmonie totale entre l'homme et la femme, mais pas que... l'amour universel ne se fera que par le fait de féminiser le monde. Hâtons-nous, le temps presse...

Fran Nuda


Photo prise sur le profil FB de Ching Yang Tung




La Mâle Peur, dernières pages...

Féminiser le monde, c'est laisser vivre et s'exprimer , en chaque femme, en chaque homme, sa part féminine : c'est permettre aux valeurs féminines de se réaliser. c'est percevoir et approcher les êtres d'une autre façon, apporter d'autres solutions, agir différemment : avec tendresse, humanité, en tenant compte des souhaits, des souffrances, en prenant en compte la qualité de la vie.

Féminiser le monde, c'est renoncer à la volonté de domination et aux violences destinées à les imposer - la force physique, la pression morale, la puissance de l'argent. c'est choisir comme projet la coopération, comme cadre la communauté, comme moyen le consensus. Et pour cela apprendre la compréhension mutuelle, le respect de l'autre, le partage. Et surtout apprendre à parler autrement : en individus symétriques, interdépendants, complices, authentiques.

Féminiser le monde, c'est renoncer à tuer pour résoudre les conflits. Il suffirait que les mâles, à l'instant de presser sur une détente, se figurent intensément qu'au bout de la trajectoire le métal va écraser, faire éclater, déchiqueter, écharper un être semblable à lui, à sa femme, à son enfant ; et qu'il s'ensuivra des douleurs, des angoisses et des désespoirs qui n'auront pas de fin.

Féminiser le monde
, c'est permettre que, dans le travail, chaque être puisse exprimer sa créativité, sa spontanée fécondité. C'est ré-humaniser le travail. Rendre aux campagnes leurs rondeurs, leurs ruisselets, leurs haies, leurs bosquets. Et rendre aux villages leurs écoles, leurs commerces, leur vie.

Féminiser le monde, c'est cesser d'imposer aux humains des monstres de béton comme maisons, des entrepôts de ferraille pour magasins, de sinistres couloirs comme rues. re-civiliser les villes. Que les quartiers deviennent des lieux de création,  d'échanges et de contacts. Qu'à nouveau les artisans conçoivent en chantant de bons aliments et de beaux objets. Que les commerçants conversent en vendant.

Ce que sera la nouvelle société, on ne peut le dire encore, mais une chose est sûre : ce libéralisme sauvage, triomphe de la civilisation patriarcale, générateur de guerres, pourvoyeur de chômage, fossoyeur d'âmes, destructeur de la nature, ne peut plus durer.[...]
Hommes qui m'avez lu, ne croyez pas que j'aie cédé à une tardive révolte contre le père, non plus qu'à un excès d'humilité. Non, c'est l'Histoire qui nous accable. Et la réalité présente. [...]

Il nous faut accepter le constat de nos erreurs passées. Il nous faut reconnaître qu'aujourd'hui nous ne faisons guère mieux et que si les femmes ne sont pas épanouies, nous ne sommes pas plus heureux. Nous sommes las des épreuves de force, las de nous stresser pour quelques sous, pour quelques gadgets, las de gaspiller notre vie pour quelques médailles ou quelques galons, las, surtout, de répandre notre sang pour quelques idées folles ou fanées. et las de jouer : jouer au mec, jouer à la Bourse, jouer à la guerre.

Il est temps de chercher d'autres voies. Appelons la femme à notre secours. C'est elle, dans ce qu'elle a de meilleur, qui compensera notre instinct agressif, c'est elle qui nous évitera erreurs et aberrations, elle qui nous dira comment mettre notre génie au seul service du mieux-vivre. Parce qu'elle recèle tant de féminité. Parce qu'elle révèle toute notre féminité. Et de ce fait, nous permet de nous accomplir. Nous pensions la femme notre ennemie, elle est notre avenir. Nous prenions notre féminité pour de la faiblesse, elle sera notre chance.

Docteur G. Leleu, 1984

Commentaires

  1. Superbe photo d'introduction pleine de douceur et d'innocence pour cet extrait d'ouvrage que tu nous livre Fran .
    Que de travail encore à fournir pour que l'homme comprenne que la femme n'est pas son ennemie mais son alter ego ;que de machisme à combattre sans que nous soyons nous ,Femmes traitées de noms deplaisants voire insultants ....
    Quand on voit ce qui se passe à travers le monde où les femmes valent moins que des animaux ,que de chemins à parcourir et de couleuvres à avaler .
    Féminiser le monde ,déjà Aragon le clamait "la femme est l'avenir de lhomme ",et Jean Ferrat le chantait si bien.... Il nous reste à combattre par les mots toutes ces personnes ,hommes et femmes qui sont pétrifiés de peur à l'idée de changement .
    Éduquer pour que l'humanité ne soit pas un champ de ruines mais naïvement un champ de fleurs ...
    Très belle initiative Fran de parler de ce texte qui dit tant et donne l'espoir .

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  2. Comment ne pas être d’accord ?
    Bisous Fran

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  3. Bien sûr, on ne peut qu être d’accord, ce serait le rêve......mais ce texte ne date pas d aujourd’hui !!

    Y a t il vraiment un soupçon d espoir que ça change ?

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