Carmen Penn Ar Run et " l'ancrage "

J'ai déjà donné tribune libre à Carmen dont j'apprécie très souvent les poèmes et notamment celui-ci. Larguer les amarres... J'aime suivre cette évolution  intérieure en cette femme poète à la  sensibilité exacerbée... J'ai décidé de choisir moi-même la photographie associée à ce poème, photographie prise comme le plus souvent sur la page de Ching Yang Tung dont je partage très souvent les goûts... arts croisés pour le meilleur et le dire...

Fran Nuda








Je tourne le dos au mot "ancrage"
Pourquoi s'appliquer à faire corps
avec le lieu, avec le temps
avec la matérialité
d'une scène de vie éphémère
dont l'instant suivant tournera
la page, quoiqu'on fasse !
Cessons d'accorder du poids
à tout ce qui n'est qu'illusoire
Nous sommes les acteurs-témoins
placés en décors provisoires
et nous y entrons, caméléons
Que nous soyons passifs ou impliqués
nous devenons les souteneurs
de notre propre prostitution
Adhérer à tout va, cautionner
ce qui nous trouble, nous dédouble
nous éloigne de notre naissance unique
nous coupe du souffle vrillé à notre premier cri
Vraiment
je n'entends plus rien à ce mot "ancrage"
plus il nous tente, plus on avance
en terrain mouvant. Le souffle
persiste en nous, naturellement
nul besoin de l'invoquer
sur lui se repose la vie
elle glisse - goutte d'eau
sur une surface lisse
sans désir de racine
.
C.P.

Commentaires

  1. Quelle superbe photo avec la silhouette du personnage qui attend .part ....
    Le poème de Carmen est criant de vérité et nous met devant nos contradictions si nous osons les regarder et y remédier sincèrement !
    Cela me fait penser à un poème d'Edgar Poe ....
    Carmen ton poème est tout simplement très beau et me
    "parle" vraiment ..Merci à vous deux pour cette collaboration .

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    1. Merci, Patricia. La photo accompagne parfaitement ces mots qui naviguent entre le désir d'ancrage et le besoin de mouvement.

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  2. Comme j'apprécie ton choix d'image !

    Mer et solitude sur la ligne des pensées que la nuit décline. Ainsi vont de pair solitude et immensité. Elles échangent jusqu'au point de confusion ; cet instant précis où l'infini pénètre l'infime de soi.

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    1. oh encore de bien jolis mots posés avec tant de ... mais chut... juste les goûter... en corps et encore... merci à toi.

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  3. Merveilleux texte , superbe photo .
    Je ne trouve rien à ajouter , ça semblerait tellement banal , tout est dit et tellement bien .

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    1. Rien n'est banal. Tout tient dans ces instants ordinaires que de tout coeur on savoure.
      Merci pour vos mots, Syl !

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  4. Mon heure de pause café pause littéraire, pause bouffée d'air avec tes merveilleux partages de photos et textes. Bravo à Carmen et toi Fran !

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    1. Si texte et photo contribuent à faire de la pause café un moment agréable, s'ils permettent un peu d'évasion, alors nous sommes heureuses car l'amour de l'Art (arts croisés) poursuit son chemin. Merci, Nicole.

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