Comme l'oiseau... dialogues avec l'ange

S'envoyer en l'air... oui, c'est bien de cela dont il est question car qu'avons-nous d'autre à faire ici-bas ? A chacun sa façon de le faire et l'une n'exclut en aucun cas l'autre, ni l'autre, ni l'autre... enivrez-vous !
" Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous ! " Baudelaire

Fran Nuda 








Ce poème figure à la fin de mon livre PLUME, un récit initiatique plus qu'un roman,  car de page en page, c'est  bien là qu'il nous conduit...  d'une aile - elle -  vigoureuse  vers les champs - chants - lumineux et sereins... 😉


Élévation


Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins

Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !


 Charles Baudelaire



 Version anglaise de  W. Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

     
Elevation



Above the lakes, above the vales,
The mountains and the woods, the clouds, the seas,
Beyond the sun, beyond the ether,
Beyond the confines of the starry spheres,

My soul, you move with ease,
And like a strong swimmer in rapture in the wave
You wing your way blithely through boundless space
With virile joy unspeakable.

Fly far, far away from this baneful miasma
And purify yourself in the celestial air,
Drink the ethereal fire of those limpid regions
As you would the purest of heavenly nectars.

Beyond the vast sorrows and all the vexations
That weigh upon our lives and obscure our vision,
Happy is he who can with his vigorous wing
Soar up towards those fields luminous and serene,

He whose thoughts, like skylarks,
Toward the morning sky take flight
Who hovers over life and understands with ease
The language of flowers and silent things !


Voir aussi :


 Main... tenant, together, video de Fran Nuda

Main... tenue, In Flight, vidéo de Fran Nuda

La percée de l'Être, Dürkheim

L'infini vu par François Cheng

Rat d'art !

Ce bonheur-là... This happiness...

Jeter l'ancre un seul jour, avec Lamartine et Joao...

J. Hupez, toile et portrait, associée à Sainte-Beu...

L'autre et la connaissance de soi




Commentaires

  1. Ce texte de Baudelaire en introduction, son poème aussi, sont autant de faire-valoir à ta propre musique, à tes propres mots. Oui enivrons-nous et buvons le calice. Il est plein de promesses. Enivrons-nous de ces beautés que beaucoup ne remarquent plus. Enivrons-nous dis-tu? Oui envole moi, enivrons-nous.

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    1. Merci Aqr Alpha... Heureuse de te lire ici. Et toujours si bien dit.

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  2. Quelles belles images... quel beau texte... quelle profondeur... oui élevons nous de ce monde parfois si bas... enivrons nous des beautés de la nature si réconfortantes et ressourçantes... élevons notre âme, ne nous laissons pas envahir par cette décadence ambiante... ouvrons nos yeux, nos oreilles, nos coeurs à la beauté du monde. Ces images nous y invitent. Merci Fran de nous faire tendre vers le haut...

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  3. Bonjour l’ivresse au revoir tristesse !
    Envolons nous oui , pas en haut , pas en bas , à l’intérieur de nous et quittons notre envelope , prenons de la hauteur , soyons libres et réapprenons à voir toute la beauté qui nous entoure . A tirèrent d’ailes on peut y arriver .

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  4. Pas vu ni lu l'an dernier. Ta vidéo des oiseaux est magnifique, quelque soit le genre de volatile l'enivrement de l'envol, de la liberté me réjouit ; cela me fait penser à Jonathan le goéland.
    Quant au petit texte au début et au poème de Baudelaire, ils sont sublimes ; sauf que je ne suis pas objective car je suis "fan" absolue de ce génie qu'il fut. L'ivresse des sens, les abus de toutes
    sortes... L'homme et son oeuvre m'ont toujours fascinée, alors enivrons nous avant que l'on ne puisse plus voler. Merci Fran pour cette émotion. 😘

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  5. Merci Fran pour cette envolée avec ce poème de Baudelaire et ta vidéo si bien montée.

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