SUspension de Fran Nuda, ELISEE

SUSPENSION continue son cours et aujourd'hui nous découvrons notre troisième ELLE... moderne, active, branchée, wonderwoman en quelque sorte... mais elle aussi vient d'atteindre 40 ans et la vie lui offre un petit interstice d'arrêt sur image qui pourrait la diriger vers une autre vie si... car il appartient à Elisée de saisir cette chance... ou pas... à moins qu'il appartienne au lecteur d'en décider... Cette suspension du temps qui  parfois décide de la suite donnée à votre vie. La nuit propice à une vision des choses plus claires, paradoxalement.Je vous laisse suivre le rythme haletant d'Elisée en vous souhaitant de pouvoir garder la cadence de son rythme cardiaque... J'ai choisi la toile de SYl peintre, " Axelle", pour illustrer au plus près, celle que j'ai nommée Elisée dans SUSPENSION.

Fran Nuda


En vente auprès de l'artiste peintre

Elisée, Fran Nuda, SUSPENSION


Elisée court, court, court, court… Elle s’essouffle à longueur de temps… haletante est sa vie… Elisée boucle tous ses week-ends de chaque mois… Grâce aux technologies modernes, elle est inondée d’amis qu’elle ne connaît pas ou si peu ou mal… Elisée habite Paris, c’est mieux pour être dans le vent, dans l’air pollué de la ville des gens évolués, à la pointe du progrès, c’est mieux lorsqu’on aime courir, à ce point, comme elle.
Elisée aime s’enivrer de gens, d’alcool et d’autres expédients en tous genres, pour courir encore plus vite et sans ne jamais ressentir la fatigue, obligatoire, à ce point-là de la course effrénée à laquelle Elisée, de son plein gré, participe, même si, parfois, dès qu’elle s’arrête, pour reprendre, un peu, son souffle, elle ressent, alors, subitement, un grand, un immense… vide.
Elle fonce droit dans le mur de la vulgarité, de l’agressivité, de la compétitivité, à une rapidité qui écrase toute affectivité au moindre soupçon de probabilité dans son esprit embrumé par les cigarettes qu’elle fume, malgré sa course effrénée… Quel est ce besoin incessant pour Elisée de courir, fumer, courir, fumer ?
Elisée ne veut surtout pas y répondre car elle perdrait alors trop de temps et ne pourrait jamais rattraper les autres, tous ces autres avec lesquels elle vit, virtuellement ou en réalité, car, dans l’univers d’Elisée., seul importe le fait de courir, surtout ne jamais s’arrêter, non, courir, courir, courir, courir et après quoi, d’ailleurs ?
Cette question surgit parfois, de plus en plus souvent, dans son esprit dès qu’elle cesse, ne serait-ce qu’un tout petit instant, de courir… question obsédante, mortifiante, paralysante, ce qui, naturellement, est le comble, lorsqu’on aime, à ce point, courir comme elle. Alors, d’un revers de main ou d’un coup de pied, suivant l’activité, elle la chasse, telle une mouche aussi déplaisante qu’insignifiante…
Toutefois, parfois, Elisée dort… avec des expédients, bien sûr, aussi… mais elle dort… La petite question, alors, se glisse dans les interstices de son sommeil provoqué par les drogues avalées, et elle pleure… sans trop bien savoir le pourquoi de ces larmes versées et incontrôlées…
Elisée évolue… au gré des larmes, au gré des infimes respirations qu’elle s’accorde, désormais, par manque de sommeil reposant… Elle se regarde de l’intérieur et découvre combien c’est vide, en elle. Elle n’a jamais envisagé autre activité que celle de courir, comme les autres, avec les autres, pour les autres, bref, comment peut-elle être, à la fois si entourée et si vide ?
Les questions s’accumulent dans sa tête, empêchant de plus en plus ses jambes de courir…
Questions qui, peu à peu, deviennent la priorité d’Elisée qui habite toujours Paris, tout en rêvant de vivre ailleurs, voire, même, si, si, sur une île déserte ! La vie rêvée d’Elisée prend un virage à 360°… Mais du rêve à la réalité, le chemin est long, très long… Elisée mène un train d’enfer où ne peuvent prendre place ni la tendresse, ni la gentillesse, ni la délicatesse, qualités qui ne peuvent s’acquérir à vive allure…
Alors, souvent, parmi le nombre conséquent d’amis virtuels, certains d’entre eux disparaissent de la vie de d’Elisée oui, comme ça, par une simple pression sur la touche « supprimer » des technologies modernes ; c’est comme ça qu’on se quitte au pays des hommes évolués où les femmes vivent à l’égal des hommes, courant à leur côté, épuisées…
Epuisée, vidée, stressée, agressée, agitée, Elisée l’est de plus en plus, au point de rester éveillée toute la nuit… et la nuit lui porte conseil, pas à pas… à petits pas de loup… sans hâte… offrant un tout petit havre de paix et de lucidité dans la nuit torturée d’Elisée. Sans se presser, Elisée entre dans un autre univers d’elle-même…
Pour quoi faire ? Nul ne le sait car, au pays de la nuit, pour y voir clair, on ne peut compter que sur les étoiles, si l’on s’arrête pour les observer…


Pour découvrir ou redécouvrir les précédentes :

 1 - Eliane, SUSPENSION, Fran Nuda

 2 - Elba, SUSPENSION, Fran Nuda

Commentaires

  1. J’y vois dans ce texte bcp de jeunes femmes, filles, gamines que j’ai connues toutes jeunes . Elles courent, oui elles courent , dans une mouvance, à un rythme effréné, mais il n’y a même pas de carottes au bout , ni de projets et même pas de but . Elles sont les lapins blancs avec leur tic tac obsédées du temps , qu’elles perdent à ne savoir s’arrêter .
    Merci Fràn , Axelle est bien ce genre de femmes je pense . Bel honneur 😘

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    1. Merci à toi pour ce com et de voir ton Axelle semblable à mon Élisée😘

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  2. Elisée, toute àl opposé d Eliane, une femme qui a l air sure d elle.’ , qui vit à cent à l heure, qui court qui court et qui effleure la vie , qui ne s attarde pas sur l essentiel..... Elle a vécu sa jeunesse à fond, et elle commence à se rendre compte du vide dans sa vie! Un très beau portrait encore et qui colle parfaitement au portrait et à l allure d Axelle.

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    1. Merci Martine... Tu as sauté Elba si je puis me permettre cette expression😂. Exprès ou pas ?

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  3. Bel accord texte et portrait. J'en ai connu également des jeunes femmes de cette trempe. Courir pour elles voulait dire profiter de la vie. Courir après rien comme dit Sylvie, pour s'apercevoir à un moment du néant qui les entoure. Le bilan est alors difficile ce moment à

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  4. Elle court et oublie de vivre et de s'arrêter au sens de la vie.Arrivée au mitan de la vie,elle peut se permettre de s'arrêter et voir si elle veut continuer sa course contre des moulins à vent ou profiter pleinement de cette vie.
    Merci Fran pour Élisée et Sylvie pour Axelle.

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  5. Quelle force dans ces mots et quelle lucidité Fran, tu nous invites à les lire,les décortiquer, à se battre avec. Chaque mot, si on veut "jouer"le jeu nous ramène à un moi. Tu nous entraines dans ta frénésie de vertiges, dans les méandres de notre inconscient.
    Mais après quoi ou qui court-t-elle Élysée ? Que veut-t-elle fuir à tout prix qui est trop douloureux à affronter ?quel traumatisme ou blessure secrète peut réapparaître si elle s'arrête de courir ? Alors courir oui, pour oublier, s'oublier ; utiliser tous les faux-semblants pour vivre. Vivre mal, vivre d'abus en tous genres, être suspendue à l'insomnie,mais surtout ne pas sombrer, ne pas se laisser dépasser par la douleur d'un temps enfoui dans l'inconscient. Élysée, ça pourrait être moi ou une autre qui cherche à savoir, à comprendre ou pas, alors il vaut mieux courir encore et toujours jusqu'au bout, au moment ou le corps dit stop...
    Lié au tableau de Sylvie qui a su donner vie à Axelle , très expressive dans son attitude altière et cependant fragile si l'on observe bien, ces deux éléments texte et toile ne pouvaient se conjuguer qu'ensemble. Beau duo Fran et Sylvie. Merci pour ce superbe écrit qui ne laisse pas indifférent Fran et merci à Sylvie qui peint si bien l'âme humaine.

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    1. Heureuse de cette forte résonance chez toi et que tu exprimes avec beaucoup de sincérité, résonance qui t'appartient comme dans chaque retour de lecture.

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  6. femme trés sûre d elle trop même peut être ,elle court dans tous les sens sans savoir le pourquoi
    femme qui prends la vie par les deux bouts de façon explosive sans prendre le temps de réfléchir
    tel un bolide elle fonce ...
    personnellement je me pose la question " cette vie l aime t elle ,est elle heureuse ?..."
    je pense que vivre de cette manière elle se détruit et cela n est pas savourer le moment présent...
    merci fran de cet écrit et super la toile de sylvie qui le complète si bien

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  7. Merci Lyly... Heureuse de te lire ici.

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