Suspension, Fran Nuda,: ELVIRE


Notre nouvelle ELLE en a pris un coup... dans l'aile... ce qui pour autant ne l'empêche nullement de poursuivre son désir toujours aussi puissant de séduire, séduire, et encore séduire... quand on grandit à travers le regard de l'homme, - père, mari - comment se défaire de ce regard qui a voilé depuis longtemps le regard qu'Elvire porte sur elle-même. Elle ne peut accepter cette fin de non-recevoir que désormais elle lit dans les yeux dans lesquels inlassablement elle plonge encore. Alors, elle s'envole vers d'autres cieux à la recherche de nouveaux yeux porteurs. Pour illustrer cette ELLE, j'ai choisi cette toile de Syl peintre, toujours disponible sur sa page pro FB  accessible en cliquant sous le lien de la toile.
Fran Nuda

Syl Peintre - Accueil

 Elvire a vieilli… Elle porte sur elle le masque de ses frustrations… Elle n’avait jamais envisagé qu’un jour, plus aucun homme ne se retournerait, sur elle, si belle, si désirée et aimée…
Alors, elle regroupe ses économies pour se refaire un physique de vingt ans, elle, qui en a maintenant un peu plus de quarante, en fait, beaucoup plus, mais elle ne veut pas se l’avouer, et, bien sûr, encore moins l’avouer aux autres. Au chirurgien, elle offre en pâture son visage et son corps…
Il la modèle, la transforme, au gré de ses économies car, naturellement, ce n’est pas gratuit. Elle en ressort tirée, ruinée, l’âme contrite… Dans la glace, sur la place, désormais, elle se voit en plusieurs exemplaires, visages identiques, sans ride, sans expression, lisses mais moches… Elvire y perd le peu d’identité qui lui reste quand elle se voit dupliquée à ce point… Elle veut remonter le temps mais de l’extérieur… Elle se dévisage pour être reconnue, encore, au pays des hommes, seuls êtres capables de lui donner vie depuis sa naissance, depuis son père jusqu’à son mari, car Elvire a un mari mais pas d’enfant… ça tire trop la peau des seins, du ventre et des cuisses, un enfant, non, vraiment, pas d’enfant.
N’en a-t-elle pas déjà un, d’ailleurs, en la personne de son mari qui la rêve la plus belle, la plus inconditionnelle, la plus éternelle, la plus irréelle, souvenir d’antan de la maman du petit garçon qu’il fut, amoureux éternel d’elle, qui le lui rend tant, dans ce regard fier qu’elle lui porte, elle, capable d’engendrer un homme, cette merveille de la nature sur la terre du pays des Hommes de base.
Voilà ce qu’Elvire représente dans son regard à lui, et voilà comment elle existe dans la glace sans tain qu’il lui tend, chaque jour, jusqu’à… Cette première ride, ce premier cheveu blanc, cette première migraine annonciatrice de changement hormonal obligatoire que la nature réserve à toute femme, même celles baignant dans le regard idyllique de l’homme ayant succombé aux charmes dévastateurs de sa plastique féminine. Triste réalité de plus en plus d’actualité au pays de l’image que partagent désormais les hommes et les femmes, seul lieu de rencontre entre eux, dans ce nouveau pays des êtres indifférenciés.
Mais l’homme est inconstant, prudent aussi ; le voilà qui file vers des corps plus toniques, des visages plus jeunes, plus beaux, plus vrais, qui le font rêver, et c’est tout ce qu’il veut… rêver qu’il tient entre ses cuisses et ses bras la femme que tous convoitent mais c’est lui, l’homme de cinquante ans, qui l’a… grâce au pouvoir de l’argent qu’il gagne…  
Elvire, délaissée, esseulée, part régulièrement dans les îles de la pauvreté où de jeunes hommes continuent à la regarder… pour l’argent qu’elle leur donne… échange de bons procédés qu’offre la mondialisation de la civilisation moderne.
Elle y retrouve ses vingt ans dans un corps de plus de quarante, plus exactement cinquante et quelques poussières. Un corps plus vivant, ayant acquis plus d’expérience, celui du plaisir qu’elle découvre, là, à l’orée de cet âge fatidique où, au pays des Hommes de base, on l’enterre comme objet révolu, définitivement, dans le regard de l’homme de base qui ne voit pas plus loin que le bout des seins de sa partenaire ou la rondeur de ses fesses, quand elle porte encore haut les deux…
Ce jeune corps à la peau très foncée fait enfin jouir le sien ; il se défonce à lui donner du plaisir, lui faire croire encore et toujours qu’elle est la plus belle, la plus attirante, la plus sexy, la plus… et il lui plait, à elle, d’y croire, grâce au pouvoir de l’argent que son mari lui verse, pour toutes ces années de servitude pour le mettre en valeur, lui, l’homme de base, qui n’a pas su la faire jouir comme le font ces jeunes gens pauvres mais si exotiques, si excentriques, si pathétiques, aussi…
Dans les îles pauvres de l’océan Atlantique, tout devient de plus en plus pathétique… Une ère nouvelle s’annonce pour Elvire mais comment savoir ce qui peut naître de la misère, d’un côté comme de l’autre.

Suspension, Fran Nuda, ELVIRE

A lire ou relire les précédentes dans l'ordre de leur apparition :


 Suspension de Fran Nuda, Eliane

 Suspension, de Fran Nuda, Elba

 SUspension de Fran Nuda, ELISEE

 Suspension, Fran Nuda : ELIF



Commentaires

  1. Quel magnifique texte qui parle avec une vérité criante de la situation et des sentiments des femmes lorsqu'elles vieillissent. C'est à ce moment qu'Elvire se rend compte que même son argent n'y change rien ; en fait l'homme recherche toujours une mère a travers la femme avec qui il vit. Alors lorsqu'un homme jeune désire une femme d'expérience, Elvire revit dans ces îles pour se dire que toute la chirurgie et l'argent valaient la peine. Seulement elle se rend compte que ce n'est qu'illusoire. Le tableau de Sylvie représente exactement le chemin parcouru par Elvire, vision d'une triste réalité pour celles qui n'acceptent pas les rides et tout ce qui va avec. Sauf qu'à tout âge la femme peut être belle, sans artifices.
    Bravo à vous deux Sylvie et Fran ,cet écrit et le tableau ou l'inverse ne pouvaient que se retrouver ensemble ,tant ils se correspondent.💜

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    1. Merci pour ce commentaire... je suis la première surprise de voir combien ces toiles illustrent ces textes écrits il y a déjà plusieurs années ; loin alors de me douter qu'un jour, Sylvie croiserait ma route et me donnerait carte blanche pour ses toiles, ceci conforte mon sentiment que jamais on ne se rencontre par hasard quand le lien est là, et bien là.

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    2. Merci bcp Pat .
      Merci bcp Fràn, viens donc ici que je t’embrasse de mes lèvres non siliconees sur chacune de tes joues 😘😘

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  2. Une petite merveille cette lecture, oh combien bien illustré par la superbe toile de Sylvie. Finalement vais réfléchir avant de me lancer dans un petit lifting ! Bravo les cops

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  3. Bel accord entre le texte et la toile.Le passage du temps fait apparaître les rides mais aussi le vécu de la personne.Merci Fran pour ce texte qui reflète la réalité de plusieurs femmes et merci Sylvie pour cette oeuvre tellement parlante.

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    1. Merci à toi pour ta fidélité et la justesse de tes propos, Patsy.

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    2. Fràn a tt dit déjà , merci Patsy

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  4. C’est bizarre, je ressens à travers tes mots non seulement ce que femme j’ai connu mais aussi ce que je voulais exprimer à travers cette femme qui s’appelle à vrai dire Eléonore .
    Un jour on se réveille et on sent son corps changer, des formes apparaissent, la peau n’est plus la même , des rides viennent nous narguer . C’est insidieux et on « subit » sans pouvoir intervenir . Le regard des hommes change aussi , on séduit encore mais on est passé des jeunes, de ceux de notre âge a des beaucoup plus vieux .
    On sent très bien que l'éclat de la jeunesse et sa richesse sont passes. Le corps nous le fait sentir mais l’intérieur lui s’y refuse , je n’ai pas changé....
    C’est ainsi, et avoir recours à la chirurgie ne changera rien , sauf à croire qu’on peut stopper le temps, revenir en arrière , ridiculement siliconee ou liftée, alors que la beauté est de s’accepter et d’assurer son évolution, même si perso c’est un passage difficile .
    Merci Fràn .
    Il va falloir que je repeigne d’autres portraits de femme, juste pour avoir le plaisir de te lire .

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    1. Ah c'est super tout ce que tu dis... Sinon le pilates, madame, le pilates, périmée serré et ventre avalé non pas pour ôter les rides mais garder une mobilité et une tenue du corps que beaucoup de jeunes ont déjà perdues😘😂

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  5. Je découvre maintenant ce texte et tous ces commentaires féminins. Je ne sais pas... Je ne me reconnais pas trop dans ce que vous, mesdames, avez écrit. Il y a toujours et il y aura toujours des hommes pour rechercher la compagnie, et plus si affinité, de femmes plus jeunes. Mais quelle tristesse !!! Qu'une femme est belle avec ses marques du temps, de ses épreuves subies et de ses souvenirs marqués sur sa peau, dans sa chair !!! Qu'elle assume ces traces que le temps qui passe lui donne. Sa jouissance est permise et n'en ne sera que meilleure dans les bras d'un homme qui l'aime pour Elle. Elle est Elle !!! Elle est unique. Moi j'aime cette femme. Je ne la connais pas, et pourtant je veux la connaître.

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  6. Merci à toi... Il ne t'aura pas échappé que chacune de ces ELLe ont eu affaire à des hommes de base qui les ont éloignées d'elles-mêmes, ne voyant en elles non pas une femme à aimer pour qui elle est mais comme un objet dont ils disposent à leur gré. Ces femmes sont engluées dans un regard faussé, biaisé mais le temps d'un arrêt sur image il se peut qu'un changement s'opère... Ou pas��

    Merci de ce beau com masculin...

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  7. C est vrai ce texte est bien réel le passage du temps sur nos visages sont l histoire d une vie passée qu il faut accepter ..
    Certaines femmes ont le mal de veuillir surtout aux regards des hommes ce qui parfois leur font franchir les frontières ou leurs pas les conduites vers le bistouri qui peut être un danger et une "drogue"mais cela est leur choix ,voir le temps qui s installe petit à petit sur son visage de notre jeunesse c'est assez difficile d accepter .si elles ont la possibilité et dans le raisonnable pourquoi pas le lifting. ,le botox ,les injections si après elles se sentent mieux mais je ne pense pas que cela leur rendra d être plus heureuse car un jour ou l autre la nature reprendra ses droits les rides reviendront tracées sur ce visage au lifting souvent avec outrance les signes du temps ....
    Merci pour ce texte qui en dit long et de cette toile si jolie en harmonie avec ce sujet

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    1. Merci Lyly de donner à lire ton ressenti et ta pensée à ce sujet. Suspension a été ecrit pour susciter des reflexions, des échanges autour de ce regard dont les femmes sont trop souvent dépendantes ce qui, avec ceux que j'appelle des hommes de base, peut devenir une prison un enfermement certes invisible mais bien réel. " jeune, gentille et jolie" vision bien réduite de la femme !

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