Portraits de Bretagne, E. Lhotelier, édition Y.Kervinio

8 mars 2020... Journée Internationale des Femmes et cette envie pour moi, cette année de mettre en avant une femme ordinaire... en apparence... comme tant d'autres femmes... femmes qui font face à un moment ou un autre dans leur vie à l'impensable, l'irréparable... quel qu'il soit... sans le clamer haut et fort... y faisant face avec beaucoup de courage, d'instinct de vie et de pudeur... sans rien oublier, ni personne... sans haine, juste avancer encore, vivre... malgré tout pour laisser en vie en soi ce qui n'est plus... ceux qui ne sont plus et qu'on avait mis au monde... partis trop tôt, tragiquement...Loin des spots médiatiques il est des femmes ordinaires exemplaires à de nombreux égards, qui vivent en tout humilité et qu'il m'est arrivé de croiser comme ici, Edith Lhotelier. Il en est d'autres qui, je sais, seront touchées ici par ce témoignage, des petites soeurs qui ont fait de leur misère, une éblouissante lumière qui éclaire tous ceux qui les côtoient. C'est à elles toutes que je dédie cette publication. Sans entacher en aucune manière la gente masculine, juste fêter ici le féminin en chaque être humain et sa force de vie dont nous avons tous besoin.

Fran Nuda



 Ce portrait est extrait de ce très beau livre de 48 portraits de Bretagne, projet de Yvon Kervinio, photographe qui a ce don de savoir saisir l'essentiel en chacun en un regard...
J'ai déjà parlé de lui dans ce blog et eu la chance de participer à différents projets avec lui dont LA VIE SANS FIN, livre qui me tient particulièrement à coeur... Il m'a offert ici l'opportunité de tracer en quelques mots le portrait de Edith Lhotelier et celui d'un couple, Micheline et Daniel Salort.

Édith Lhotelier


Elle a cette bonne et belle humeur, cette facilité d'être que j'apprécie. Elle souffre de fibromyalgie avec un supplément non négligeable d'épilepsie sévère qui lui vaut des absences conséquentes qui ont failli déjà lui coûter la vie, une vie qui a eu son lot d'épreuves et ce, dès l'enfance ; mais la petite fille, puis la jeune fille qu'elle fut avait un instinct de survie qui lui permit de traverser la maltraitance en famille – grand frère, père et mère -  sans y laisser vraiment trace si ce n'est dans son cerveau suite à une fièvre trop élevée et l’absence d’un suivi parental approprié. Elle quitte cette famille dysfonctionnelle pour se marier sans amour et tenter de vivre. Deux enfants naîtront. Se remet-on vraiment de son enfance ? Mais on peut apprendre à vivre avec, comme Édith...



Il est des dates difficiles comme celle qui ravive la plaie toujours ouverte de cet accident de voiture qui a coûté, sous ses yeux, il y a bientôt 32 ans, la vie à ses deux enfants, Lætitia, 12 ans et Frédéric, presque 9 ans. Ce besoin intrinsèque en elle, de ne jamais les rayer de sa vie et de la leur, si courte soit-elle. Il est des rencontres majeures que la vie nous offre sans savoir trop pourquoi. En voici une. Elle me dit qu'elle voudrait laisser trace de la vie de '' ses deux bébés'' qui ont vécu pour le meilleur, happés sauvagement par l'inconscience et l’imprudence d’un père au volant.



Édith, beauté d'âme, cœur pur mais meurtri qui aurait mille et une raisons de se plaindre, mais qui va choisir, à la suite à ce drame, de devenir bénévole d'abord au Secours Populaire, puis au Maillé-Brézé, bateau de guerre devenu musée naval qui arrive à Nantes en 1988, comme Edith qui en deviendra salariée très vite, à l’accueil, tant son sourire et sa joie de vivre réchauffent les gens. Une chance pour elle aussi car c'est là qu'elle a rencontré celui qui, depuis, veille au mieux sur elle, lui a donné ce fils qu'elle aime tant, Jérôme, 27 ans. La vie continue sans effacer celles qui furent, mais tournée vers ce présent que sont ces deux hommes auprès d’elle. De qui tient-elle cette force ?  Serait-ce, par exemple, de cette rencontre en forêt d’une biche et cet échange de regard entre elles, réveillant le souvenir de cette demande, bien avant, de Laetitia : j’aimerais que tu m’appelles '' ma biche, maman ''. Instant magique qu’Edith garde en son cœur depuis, que celui où, en fuite, la biche, s'est retournée pour la regarder une dernière fois.’’ J'étais folle de joie car pour moi ils étaient venus me voir ''.



Qui des vivants et des morts est le plus présent ? Le mystère s'invite dans nos vies subrepticement, se glisse dans les interstices de nos blessures afin de garder vivant en nous ce qui fut.



Fran Nuda


 Pour en savoir plus sur l'ouvrage à commander auprès des auteurs :

Les portraits sont simplement regroupés sous la forme d’un album. Ils n’ont pas été conçus pour
un journal et les « écrivains » ont pu choisir librement les personnes dont ils souhaitaient raconter
l’histoire.

LES « PORTRAITURÉS » ont été choisis librement par les auteurs. Évidemment, tous vivent en Bretagne :
Marc FERRER, Sophie CHÉNET & Bénédicte JUCQUOIS, Loeiz APPERRY et Florian BARON sont mucisiens ; Pascal BEHEREC, Nicole CLAVELOUX, Marie-Hélène DURAND LAUDET, Jean-Claude GLAZIOU, Jean-Luc HÉMONET, Joël LE FLOCH, François PUYPLAT, Thiery TUFFIGO, Fañch VENNER sont des artistes peintres et sculpteurs ; Bruno DUVAL et Céline VIGNON sont libraires ; Louis BERTHOLOM, Marie-Josée CHRISTIEN, Bruno GENESTE, Jean KERGRIST et Jean-Paul LE BIHAN sont écrivains ; Louisette BÉNOT, Marie-Claire FER et Jeanne NICOLAS étaient agricultrices ; Kristine ALLARD, Jean-Pierre BAUDU, Bernard BOUDIC, Blanche BOURDIER, Marc CLIVIO, Adama DIABATÉ, Yves DOARÉ, Jonathan GOËFFIC, Bernard HOMMERIE, Robert KERNIN, Ariane LAMY, Micheline LE BRECH & Daniel SALORT, Joël LE BRUCHEC, Loïc LE HUEC, Christine LE NERRANT, Edith LHOTELIER, Fabienne MABON, Marie MALÉZIEUX, Roland MAZURIÉ Sr, Jean-Claude MÉROUR, Marcel PRIMA, Delphine ROUMIGUIÈRE, Eugène TONNERRE et Valérie & Nicolas TRÉHET ont des activités ou ont vécu des évènements, bref ils ont quelque chose de leur vie qui peut intéresser.
Mais ne sommes-nous pas tous singuliers ?


LES AUTEURS
Yvon KERVINIO a dirigé la conception de l'ouvrage et a réalisé tous les portraits photographiques, ens’adaptant aux situations des rencontres (dont le temps qu’il faisait).

Il y a des Finistériens : Louis BERTHOLOM, Marie-Josée CHRISTIEN, Bruno GENESTE, Gérard LE GOUIC, Frédéric VITIELLO ; des Costarmoricains : Josiane BÉGEL, Mérédith LE DEZ, Colline HOARAU, des Morbihannais : Jacqueline GÉTAIN, Marilyse LEROUX, Paloma GUÉRAN, Anne-Yvonne PASQUIER, Patrice PERRON, Roland BOUËXEL et Yvon KERVINIO ; des Brétilliens, Patrick ARDUEN, Yves BOUREL et Gilles CERVER ; Fran NUDA et Roland MAZURIÉ jr sont Nantais, et deux personnes sont extérieures à la Bretagne : Alain BOUDET, de la Sarthe, et Flora DELALANDE, de l’Orne.

Format 23x16 cm, 15 euros,  édité en fév. 2020

Voir aussi sur ce blog :

Livre de Yvon Kervinio : Au fond de nos yeux #4

 La vie sans fin, Fran Nuda, textes, Yvon Kervinio,...

Yvon Kervinio, photographe de la poésie de la vie

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  • Commentaires

    1. Une femme que la vie n'a pas épargné mais qui a su sortir toute la force en elle pour s'épanouir.
      Merci Fran de nous présenter cette femme exemplaire à travers tes textes.

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      1. Elle sera touchée par ton commentaire , Patsy, merci ;)

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    2. Merci Fran pour ce magnifique portrait de femme, éprouvée par la vie oh combien et qui trouve la force de se relever. Un portrait qui nous donne à voir une belle femme pleine de sagesse et d'amour

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    3. Que dire, que rajouter sans que ça paraisse tellement désuet ...
      une question de Karma , peut on penser, la faute à pas de chance , la colère de l’injustice et se croire maudite pour tant subir .
      Aucune réponse , accepter, réagir , être forte mais pourquoi ? Car le pire c’est de se demander tout le restant de sa vie, fêlée a jamais : Est ce que ça va recommencer, est ce fini , ai je assez payé ?
      Cette femme est extraordinaire, j’applaudis son courage et sa force .
      Merci pour elle Fràn .
      🙏😘

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      1. Pensée vers toi évidemment... Tes mots sont si justes et... Justifiés😍😍😍

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    4. tres emouvant
      je pense que l on ne se remet jamais de son passe on essaie simplement de trouver une autre façon de vivre afin que les souvenirs ne viennent pas entacher ce que l on se construit et cette femme est l' exemple meme de courage ,de volonté je dirais d'admiration apres les epreuves
      terribles qu elle a subie apres!
      je suis contente de constater qu elle a retrouver un peu de bonheur …

      merci Fran de ce beau portrait qui donne a reflechir quand parfois on se plaint de petits bobos!
      je vous embrasse toutes les amies
      Marwychkka lyly

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      1. Merci à toi de passer par là... Une très belle personne , Edith... et elle sera très sensible à ton commentaire.

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    5. quelle belle description de la lutte au quotidien de cette dame c est un exemple de lutte positive vers l Avant jamais abdiquer

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      1. Oui... Droit devant, toujours et Edith est un excellent exemple de cette marche en avant.

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    6. Non Fran, il.n'y a pas de femmes ordinaires. Vous avez toutes, mesdames, ce quelque chose qui fait de vous cet être extraordinaire. Et Edith ne fait pas exception. Bien au contraire... quelle belle personne.

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    7. Quelle force, quel courage !
      Quelle capacité à accepter l inacceptable!
      Quelle effusion d Amour!
      Quelles souffrances physiques et morales !!
      Quelle aptitude à vivre !!!
      Quelle humilité !!
      ....
      Quelle femme Ordinaire extraordinaire !!!
      Quelle admiration infinie j ai pour elle!!!

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    8. Ah merci Martine... Elle est très touchée de tous ces coms.

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