Le doux désir du Deux : La fin, L'amour, HOPPER, The Long Leg

Le doux désir du Deux... La fin, L'amour... Nous voici arrivés à la fin de cet essai où j'ai tenté de percer au plus près, au laser, ce Deux dont nous avons tous un jour ou l'autre, eu le désir. Notre nature ne peut exclure le désir du Deux, mais surtout ce besoin intrinsèque du lien, au-delà des amours. Le désir du Deux s'inscrit dès la naissance ; l'amour est au-delà de ce Deux amoureux souvent réducteur, noyau solide du vivant, l'extraordinaire énergie de l'univers. Cette dernière toile de HOPPER, pour moi, symbolise l'harmonie et l'énergie de la Vie, quand l'égo n'existe plus. Beauté, amour et vérité, au-delà du Deux, sont peut-être la plus haute forme de l'intelligence. 

Fran Nuda 


The Long Leg Edward Hopper, vers 1935
Huile sur toile, 50,8 x 76,8
San Marino (Californie) Huntington Art Gallery


La fin


Il est temps maintenant d'en prononcer le mot ! Comme un manège incessant, le voyage pourrait se poursuivre mais  il  est clair que tout a une fin et qu'il est temps, aussi, ici, d'en écrire une. A trop s'étaler, on finit par se répéter et lasser le lecteur averti qui refuse de se laisser abuser, par cet empilage excessif de mots pour une seule et même idée facile à deviner.

Point besoin d'être expert pour saisir le sujet !

Le désir toujours s'extrait d'un manque à combler. A vivre sans objet recherché, on s'enlise dans l'habitude mortifère qui enterre chacun, chaque jour, davantage. Rien ne change quand tout est mort. L'immuable blancheur de l'uniformité sied à qui craint de la vie ses multiples facettes, dont on n'a pas toujours la recette et dont on craint, désormais, la diffusion dans quelque gazette ou sur Internet.

Garder l'âme charnue de l'enfant-lune !

La vie a plus d'un tour dans son sac, mais il en est un commun à tous : celui de vouloir être aimé pour toujours et de façon inconditionnelle. La nostalgie d'une première fois... Ce premier regard, ce premier désir, ce premier chagrin, ce premier départ et ce dernier, vers l'éternité de l'un du Deux. Ce Deux qui se brise aux limites de la vie comme un vase fragile et précieux que l'on a su garder intact au fil des ans.

Le Deux a ses limites sur la terre comme au ciel !

Le départ définitif, vers le ciel étoilé, d'un du Deux, peut aussi marquer celui de l'autre, tant le Deux a pris le pas sur l'individualité qui ne peut plus prendre le relais. Si la vie n'a pas su séparer ce Deux unique, la mort, hélas, ne se lasse pas de le faire. Elle tranche dans le vif. Que le Un accompli soit nourri du désir assouvi de son amour infini pour la vie ! Au point, parfois, de redonner corps à un nouvel amour.

L'amour

Comme il cache bien son sens ! On aime le steak haché et les chips comme on aime son chat, son jardin, sa maison, ses vêtements, son mari, ses enfants ; bref tout ce qui bouge - comme on dit -  ou pas. Vaste débat houleux en perspective ! Est-ce toujours de l'amour, cette chose incongrue qui pousse un individu vers un autre, afin de copuler et procréer, poussés par la nécessité de survivre ?

Un piège inévitable à la survie de l'espèce, si humaine soit-elle !

Pour ce faire, on programme dès l'enfance chacun dans le rôle attribué. La petite fille se devra d'être jolie, douce et gentille. Le petit garçon sera très tôt soumis à la loi  du plus fort sous peine d'être traité de « pédé », insulte suprême pour qui doit  montrer au plus vite son taux élevé de testostérone. Des années de dressage intensif d'un côté comme de l'autre, qui les éloignera l'un de l'autre.

Départ du malentendu !

Cette racine profonde du Deux donnera naissance à des sentiments interdits comme ceux de la vengeance, de la jalousie, de la passion destructrice, de la possessivité, du narcissisme exacerbé, dont les conséquences seront aussi perverses que nombreuses. On parlera toutefois d'amour, malgré tout, et surtout. Formaté autant pour le meilleur que pour le pire, le Deux deviendra une prison émotionnelle.

Le Deux condamné à la double peine !

Impossible d'exister sans être en relation. Impossible donc de ne pas être blessé, contraint, vexé, trahi par qui est au plus près au quotidien. L'amour véritable oblige  une vérité, une honnêteté, avant tout, avec soi. Exister alors dans sa singularité s'impose. Elle dépend de la connaissance que chacun aura ou pas de soi. La véritable révolution que le cœur exige pour ce voyage de l'amour vrai commence par soi.



Commentaires

  1. Pour aimer il faut d’abord s’aimer ...
    quel long cheminement ce désir d’être 2 , tu as su très bien analyser les différentes étapes et le final n’est pas en reste : quand l’un part en général le 2ème suit ! Je parle de couples qui ont vécu toute leur vie ensemble , qui ont vaincu par amour ou parce que c’est « c’est comme ça » tous les problèmes,les joies, les pertes mais aussi élevé leur progéniture ! Ils ont grandi, vieilli ensemble , ils ne peuvent que mourir ensemble .
    Bisous Fràn

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    1. Ah oui, même sur le blog, un com en première place... je suis gâtée ! ;)

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  2. Bon difficile d'ajouter quelque chose après sœurette. Tout est dit et je m'abstiendrai de jouer avec les mots pour en fait dire la même chose ! Bravo en tout cas et merci pour ce livre en partage. Toujours bon de réviser !

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    1. Merci Nicole. Des amis FB je crains que tu ne sois que la seule à apprécier mais sur le blog heureusement pour chaque publication il y aux alentours d'une quarantaine de vues et c'est ce qui compte.😘😄

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