Le doux désir du Deux : L'ordinaire, L'abandon F.Nuda, Hopper, Room in New-York

Le doux désir du Deux... L'ordinaire, L'abandon... Je continue donc le texte, de mot en mot,et nous voici arriver à L'ordinaire, voire parfois aussi, l'abandon...   Cette peinture de HOPPER, s'imposait.  " Un couple près d'une grande fenêtre ouvrant sur un bâtiment. L'homme se concentre sur son journal, alors que la femme joue du piano en passant son index droit sur une touche. Bien qu'elle joue du piano, son attention semble orientée vers l'homme. La couleur chaude de sa robe incite à penser qu'elle est affectueuse alors que l'homme, habillé dans des couleurs foncées reste insensible. Cette situation crée le sentiment d'un silence difficile, à peine entamé par les notes tristes du piano. L'extérieur de pierre semble emprisonner le couple dans la petite pièce." Extrait du commentaire adjoint à ce tableau qu'il m'a semblé utile ici de mentionner. Toutefois, je tiens à préciser que ce pourrait être l'inverse, soit l'homme dans l'attente d'un regard, mais ce serait alors une autre peinture.

Fran Nuda
        
Room in New York  
Edward Hopper, 1932
Huile sur toile 73,5 x 91,5
Lincoln, University of Nebraska, Sheldon Memorial Art Gallery



L'ordinaire


 Voici nommé le plus grand danger, conséquence, souvent, de la fidélité à l'autre, qui, ici et là, va se heurter, au fil du temps, à celle plus sournoise, de la fidélité à soi. Comment rester fidèle à la vérité de ses sentiments quand auprès de l'autre, on ne ressent plus rien ? Doit-on alors rester, partir, mentir, le dire ? Un face-à-face avec soi manifeste infeste le lien réel avec cet autre au point de le rendre cruel.

Un ver s'est glissé dans la pomme d'amour !

Commence la lente descente au pays du doute... Ce quotidien creuse pour qui s'y écœure un sillon amer où vont se planter toutes les rancunes accumulées, tous les non-dits du temps béni, tous les manquements de qui portait sur ses épaules le poids mort du vide à combler de l'autre, sans  aucun accord commun préalable. Il eût fallu quelque musique récréative pour changer la donne de cet ordinaire !

L'habitude mutique du quotidien mécanique !

L'ordinaire et sa défaite, face au désir insatisfait qui hâte le départ de l'un ou de l'autre, quand on en a marre de partager du vide dépourvu de désir, d'éclat. Comment vivre l'ordinaire avec, en face de soi,  le miroir incessant de ses frustrations et des questions sans réponse, des raisons indiscutées ; des aigreurs accumulées ont tué l'amour indiscutable et partagé du Deux.

Sauve qui peut et chacun pour soi !

Le revers du désir marque au fer rouge cet amour dépourvu désormais d'atours. Ce point d'ancrage. Dans cet ordinaire, souffle un air de faussaire ! Cette ceinture de sécurité, tout à coup, devient un danger primesautier qui menace la construction laborieuse du Deux, devenu noueux et désastreux. Le champ de vision se rétrécit, l'étau se resserre. La pomme d'amour se vit sans lien.



L'abandon


La solitude obligatoire prend place là où l'autre a déserté. Impossible éviction de la blessure subie et subite de qui tombera le plus souvent des nues, quand le départ immanent sera annoncé, instant délicat qui terrasse le vaincu. Incision douloureuse en plein cœur, excision de son âme pour qui aime encore ce déserteur de la dernière heure. L 'abandon révèle l'être de chacun. C'est bien ainsi, aussi, qu'on devient.

Le ciel bleu d'un univers retrouvé !

Nécessité absolue de se relever pour continuer à exister, autrement, mieux, seul d'abord. L'apprentissage d'un nouveau départ vers rien, qui sépare. Tenter de s'entendre dans ce silence impérieux où plonge l'abandon, coup de poing sur le ring d'une nouvelle vie ? Question qu'on se pose quand on subit la séparation imposée. La détente  amorcée vers un ailleurs plus prometteur.

Porte ouverte sur soi !

Explosion et dissolution d'une union sans diapason quand, du silence profond, sort le son disgracieux d'un « Je te quitte ». Piqûre mortelle du désaveu. La loi du désir a de nouveau frappé et  guide les pas de l'autre vers le manque de qui reste, là, cloué sur place. L'insatiable désir conduit vers des circuits plus ou moins adaptés à la conduite de l'un ou de l'autre. La séparation eût pu être plus douce si...

Le fil ténu des sentiments aléatoires !

Occasion donnée de déserter aussi l'ego, lâcher prise pour quitter le purgatoire rendu obligatoire, cet isoloir où l'être profond attend le dégel des émotions qu'un autre temps a glacées, dans l'espace oublié de l'enfance retrouvée. L'abandon a eu raison de la loi du plus fort et se satisfait désormais de son sort. Devenir ce retour nécessaire vers ce qui fonde l'être, au-delà de ses souvenirs.



Voir aussi sur le blog concernant le Doux désir du Deux dans l'ordre chronologique de parution :
Le doux désir du Deux, : Le manque, Le don, Fran N...

 Le doux désir du Deux : Le désir, Le contrat, F. N...




Commentaires

  1. Il n’y a pas de plus grande solitude que de se sentir seul à deux ...
    resignation , quelle horreur !
    😘

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    Réponses
    1. Oui je partage ton point de vue, évidemment😘😊

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  2. Je ne peux que partager ce que dit ma sœurette, et que tu décris si bien ainsi que cette toile. On y a toutes goûté un jour je pense, et fuit cette solitude d'une manière ou d'une autre

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  3. Très intéressant, mais comme je ne suis point avec ma moitié, je me sens moins consterné... Rooh concerné ! :-*

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