Se libérer du connu, Krishnamurti, La responsabilité

Krishnamurti... tranchant, direct... faisant sauter les fausses protections que notre ego construit... effet tonique garanti pour qui s'y frotte et accepte de regarder ce qui est, autour de soi mais d'abord en soi.Se libérer de la peur, mère de tous les maux. Mais je vous laisse le découvrir à votre rythme et selon votre envie ou pas de revoir vos structures mentales conscientes et inconscientes, qui d'une façon ou d'une autre, vous font accepter l'idée que l'état de conflit soit une partie intégrante de l'existence quotidienne, dans la mesure où l'on admet que la compétition, la jalousie, l'avidité, le désir de posséder, l'agressivité soient un mode de vie naturel. La situation actuelle mondiale peut nous permettre cette révolution intérieure qui, seule, peut faire que ce monde que nous avons produit, devienne autre. L'opportunité de sortir du brouillard, en quelque sorte, est à notre porte...

Fran Nuda


Photographie de BRASSAÏ

Extrait du livre, Se libérer du connu, de Krishnamurti, à propos de la responsabilité :

Les structures de tous les changements extérieurs qu'amènent des guerres, des révolutions, ont été incapables de modifier la nature profonde de l'homme, donc des sociétés. En tant qu'individus humains vivant dans la monstrueuse laideur de ce  monde, demandons-nous donc s'il est possible de mettre fin à des sociétés basées sur la compétition, la brutalité et la peur. Posons-nous cette question, non pas comme une spéculation ou un espoir, mais de telle sorte qu'elle puisse rénover nos esprits, les rendre frais et innocents, et faire naître un monde totalement neuf. Cela peut se produire, je pense, que si chacun de nous reconnaît le fait central que nous, individus, en tant quêtres humains, en quelque partie du monde que nous vivions, ou à quelque culture que nous appartenions, sommes totalement responsables de l'état général du monde.

Nous sommes, chacun de nous, responsables de chaque guerre, à cause de l'agressivité de notre propre vie, à cause de notre nationalisme, de notre égoïsme, de nos dieux, de nos préjugés, de nos idéaux, qui nous divisent. Ce n'est qu'en nous rendant compte - non pas intellectuellement mais d'une façon aussi réelle et actuelle que d'éprouver la faim ou la douleur  - que vous et moi sommes responsables de la misère dans le monde entier parce que nous y avons contribué dans nos vies quotidiennes et que nous faisons partie de cette monstrueuse société, de ses guerres,  ses divisions, sa laideur, sa brutalité et son avidité - ce n'est qu'alors que nous agirons.
                                                                
[...] Pouvons-nous donc, vous et moi, provoquer en nous-mêmes - sans aucune influence extérieure, sans nous laisser persuader, sans crainte de punition - pouvons-nous provoquer dans l'essence même de notre être une révolution totale, une mutation psychologique, telles que la brutalité, la violence, l'esprit de compétition, l'angoisse, la peur, l'avidité, et toutes les manifestations de notre nature qui ont construit cette société pourrie où nous vivons quotidiennement, cessent d'exister ?

Il est important de comprendre au départ que je ne cherche pas à formuler quelque philosophie, quelque concept, idée ou structure théologique. Il m'apparaît que toutes les idéologies sont totalement idiotes. Ce qui importe, ce n'est pas d'adopter une philosophie de la vie, mais d'observer ce qui a lieu, en toute vérité, dans notre vie quotidienne, intérieurement et extérieurement. Si vous l'observez de très près et si vous l'examinez, vous verrez que tout ce qui se passe est basé sur des conceptions intellectuelles ; et pourtant , l'intellect n'est pas toute la sphère de l'existence : ce n'en est qu'un fragment, quelque habile que soit son assemblage, quelque antique que soit sa tradition, n'est encore qu'une petite partie de l'xistence, tandis que ce qui importe c'est la totalité de la vie. Lorsque nous voyons ce qui a lieu dans le monde, nous commençons à comprendre que ce n'est pas l'effet de deux processus, l'un extérieur, l'autre intérieur,  mais qu'il existe qu'un seul processus unitaire, un seul mouvement entier, total : le mouvement intérieur s'exprimant en tant qu'extérieur et l'extérieur réagissant à son tour sur l'intérieur.

Etre capable de regarder tout cela, me semble être la seule chose dont nous ayons besoin, car lorsque nous savons regarder, l'ensemble devient très clair et regarder n'exige ni philosophie ni maître. Il n'est guère utile que l'on vous dise " comment " regarder : regardez, et voilà tout.

Pouvez-vous, alors, voyant le tableau général de ce qui est, le voyant,  non pas intellectuellement, mais en fait, pouvez-vous aisément spontanément, vous transformer ? Là est le point essentiel : est-il possible de provoquer une révolution totale dans la psyché ?

Commentaires

  1. Tu nous fais travailler les méninges cop !
    Maintenant c’est vrai que ce monde c’est chacun de nous qui l’avons modelé, et avec ce confinement bons nombres d’écrits nous prouvent qu’on l’a pourri . Je ne suis pas défaitiste, ni philosophe ni psy mais l’homme est nuisible, surtout ceux qui tiennent les rennes , et c’est dans sa nature de conquérir, de détruire, et pour bcp d’être cons , conclusion même en ayant conscience que notre planète lance des avertissements,
    L’homme continuera vers sa destruction .
    Bon voilà , perso je fais des efforts, mais grain de sable ds toute cette immensités d irresponsables .

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    1. Psyché ô ma psyché, dis-moi... merci d'apposer ta parole ici, m'dame Sylvie ;)

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  2. Un peu comme ma sœurette, pas vraiment fière du bipède que nous sommes, aveugles et sourds à tout pourrir. Il y a quelques exceptions qui ont vu et sonne l'alarme mais encore faut-il savoir et vouloir écouter ?

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    1. Merci d'apposer ta parole... Comme ta soeurette virtuelle😘😊

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