Workmen, poème de P-O.Terrisse, photo de Doisneau

1er mai, fête du travail, le jour idéal pour publier ce poème de Pierre-Olivier Terrissse, poète chercheur que vous avez déjà lu sur ce blog ; voici encore un poème qui a attiré mon regard de par l'écriture. Workmen... J'ai choisi une photographie de Doisneau, d'une autre époque et pourtant... cette course déjà... même si le temps y est pour quelque chose, j'y vois aussi symboliquement la course folle au profit, à l'argent, etc. Mais la nécessité  voire le goût du travail est là aussi et peut aussi être source de plaisir.  Deux visions donc croisées ; entre cette photo et ce poème tout est dit, je trouve, en ce premier mai 2020.

Fran Nuda


Photographie de Doisneau


Les hommes au travail

le service de midi se termine
le serveur retire l'ardoise devant la porte du restaurant
le ciel vibre d'un début d'après-midi
de vent d'ouest tempétueux
les hommes au travail de nouveau
mains tendues mains tenues mains serrées
sans visages juste des mains
au soleil d'équinoxe
le service pas un vain mot la fierté le sacerdoce
la douleur le corps souffre inspiration transpiration
parfois comme un point de côté
le service de midi s'achève deux cafés un thé
sans visages individus interchangeables
second souffle marathoniens accélérer tenir poursuivre gagner
le choc des pieds sur le bitume
les mains les pieds des hommes au travail

(C) Pierre-Olivier Terrisse


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Commentaires

  1. En effet, une belle interprétation imagée pour ce poème tout aussi réaliste.
    La course, pas une minute à perdre, pas le temps de vivre, presque le travail pour vivre pour les petites mains, et ne vivre que pour le travail pour les arrivistes, pour assouvir une ambition, pour être le plus fort ... au détriment des travailleurs et aussi de la nature.

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  2. Pas uniquement la course au profit, seulement la nécessité pour un petit commerce, un restaurant, de se maintenir à flot tout simplement !
    Mais surtout : l'incroyable fidélité des femmes et des hommes à leur travail, quel que soit le métier, par-delà toutes les difficultés quotidiennes qui sont inimaginables, pour gagner de quoi vivre bien-sûr, mais pas seulement.

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    1. oui merci de préciser concernant ton poème. je l'ai en effet bien entendu ainsi en soi. Le fait de le publier ce jour et d'y joindre cette photo de Doisneau m'a permis d'élargir le champ mais il est important de dire ce que tu dis surtout en ce moment. Merci beaucoup de ton com, Pierre-Olivier et pour ce poème.

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  3. Ce superbe poème de Pierre -Olivier Terrisse fait echo en moi car mon père petit commerçant a vécu pendant des années à trimer du lundi au dimanche et à recommencer mais il aimait le travail bien fait et était satisfait de faire jour après jour, année après année ce qu'il voyait comme un devoir et une fierté, travailler....
    Cela me rappelle une très belle chanson de Bernard Lavilliers "Les mains d'or "....
    Merci Fran d'avoir lié ce beau poème à une photo de Doisneau sur le temps qui court...
    Bon 1er mai à toi 😘

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    1. Un bien beau com, Patricia, avec l'évocation de ton père et de cette chanson de Lavilliers, le tout dans l'esprit de cette publication. Merci à toi.

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  4. Bel ensemble pour fêter ce 1er mai, tout est dit dans ton post mais aussi les commentaires.!

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    1. Tout à fait... merci Nicole d'être passé par là. ;)

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