Enfants D'Afrique, avec Maurice Elmaleh et Denis Mukwege

Que d'émotion éprouvée devant la puissance qui se dégage de tous ces regards d'enfants ! Cette confiance offerte devant l'objectif, happée par la focale d'un photographe de l'âme..." Les photos me prennent et non l'inverse " disait Henri Cartier-Bresson. Il semble qu'il en soit de même pour Maurice Elmaleh dont il me semble voir la silhouette dans chaque pupille et nous voilà, nous aussi, pris ; une petite question me taraude : que sont, ces enfants, devenus ?  Et je pense aussi à la petite Adéla du Congo, pour qui j'ai écrit dans l'instant ce poème,  après le visionnage d'un reportage " Larmes de guerre "  sur le viol de guerre...  ce qui nous amène à Denis Mukwege, la vidéo de son allocution à la remise du prix Nobel de la Paix, y dénonçant le non-respect des droits élémentaires de tous les enfants victimes de la guerre, de la disette et de la misère, sur le continent africain et tout particulièrement au Congo, un continent empli de richesses diverses...

Fran Nuda




Adéla


Étendue là sur ce lit de fer
plongée dans un coma protecteur
ce corps massacré, mutilé à souhait
celui de quelques-uns, de leurs besoins
incessants de ruts divers et de vengeance
au rendez-vous de l'horreur
Adéla, au premier plan.
Être violée n'a pas suffi
entrée dans l'infini de l'indicible
barbarie possible, insatiable
la chair triturée, torturée
le cri sourd du corps qui
tombe, encore et encore.

Étendue là sur son lit de fer
Adéla, en attente d'un regard
Un autre homme désormais près d'elle
qui sait combien elle a souffert
il est seul dans ce monde pervers
qui vit tout à l'envers et laisse surtout faire.
On le congratule et le prime, ce saint homme
mais on ne veut point  répondre à sa demande :
Déclarer le viol qui sévit au Congo crime de guerre
Son cri reste inaudible par Les Grands de ce Monde
pour sauver Adéla et ses sœurs de misère
il faudrait plus qu’un cri, une écoute
pour qu'à leur tour, elles toutes, à la vie,  elles goûtent...

Étendue là sur son lit de fer
doucement Adéla reprend vie.
Patiemment, dans l'ombre, un homme
la veille et la surveille, chevalier preux
il sait qu'elle est encore là, quelque part
et guette en elle le moindre signe de vie.
Il sait le prix de la semence et veille
attend celui de la sentence et crie
mais en écho, rien que du silence.
Petit à petit, dans l'ombre de PANZI
doucement, la vie, de nouveau, surgit
Long, le chemin à refaire pour se refaire
lourd, le poids du silence de tous ces gens
Saint, cet homme menacé pour prendre soin
De toutes ces femmes et enfants mutilés.

Fran Nuda



Denis Mukwege et  Nadia Mourad reçoivent le prix Nobel de la paix 2018. Ce sont toutes les  petites filles, les femmes violentées, humiliées, atrophiées sauvagement, violées, parfois même à 6 mois qui sont, par ce prix, quelque peu reconnues... le viol utilisé comme arme de guerre, comme ici au Congo mais hélas pas que là-bas, est inadmissible et bien pourtant encore aujourd'hui une réalité insoutenable et qui nous touche, tous...

Denis Mukwege, gynécologue, soigne les femmes violées en République démocratique du Congo (RDC), et la Yézidie Nadia Murad est une ex-esclave sexuelle du groupe État islamique

 J'adhère totalement au discours de Denis Mukwege, ici lors de la remise du prix Nobel, et me demande moi aussi : Qu'attend le monde pour ouvrir les yeux ? Nous devrions tous nous soulever contre cette barbarie acceptée sournoisement et qui menace notre humanité.

Fran Nuda


« Rien n’est plus important que de bâtir un monde dans lequel tous nos enfants auront la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel et de grandir en bonne santé, dans la paix et dans la dignité. »  

Kofi Annan {1938-2018} 

Secrétaire général de l’ONU de 1997 à 2006, Prix Nobel de la Paix en 2001 

 

Commentaires

  1. De beaux regards d'enfants à travers ces photos .Ton poème est tellement émouvant,il nous va droit au coeur.Que de crimes commis envers ces enfants auxquels on vole leur vie.Merci aussi pour la vidéo du prix Nobel de la paix.

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    1. merci à toi Patsy d'avoir pris le temps de tout lire et regarder... nous devrions tous nous révolter contre cette barbarie et pourtant... chacun défend son petit bout de gras en quelque sorte... un sujet qui me tient à coeur et qui a si peu d'écho dans le monde.

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